la Ville-Léon
Autre terre noble. Louis Turmel nous apprend que "la famille de Kerguézangor dans laquelle s’étaient fondus les de la Ville-Audrain, proprement dits, se fondit elle-même dans celle de la Ville-Léon qui ne s’est éteinte que vers 1835". Nous avons déjà cité cet extrait d’un acte des registres paroissiaux de Cadélac du 21 mai 1646 (voir à la Ville-Audrain) : "Messire René de la Ville-Léon seigneur de la Ville-Audrain en Cadélac" ; ajoutons cet autre du 25 août 1652 : "dame Anne Visdelou épouse du haut et puissant seigneur Messire Mathurin de la Ville-Léon seigneur du Bois[feuillé] ( ?)".

Ce Léon, vu l’ancienneté du lieu - voir à la Millière, peut représenter un nom de personne différent du prénom. Celui-ci, du latin leo, lion, d’où homme courageux, ne se répand que tardivement en Bretagne, vers le XVIIème siècle (on ne le trouve jamais mentionné parmi 110 prénoms masculins différents entre 1538 et 1550 dans les registres de baptême de St-Matthieu à Morlaix). Le nom de famille breton Léon provient lui du nom de l’ancien évêché de Léon, dont le siège était à St-Pol-de-Léon, en breton Kastell-Paol, et qu’on appelait aussi autrefois Léon, du latin legio, légion. Caerlleon, au Pays de Galles, signifie de même la ville fortifiée de la légion (romaine).

On trouve quelques fois l’écriture la Ville-Éon. Mais elles sont rares et l’on sait (voir à Ténoquével) que les terres nobles étaient très conservatrices en matière de graphie. On doit donc sans doute conclure à l’authenticité de la Ville-Léon. Éon dérive du vieux-français Eudon, mais il y a eu confusion avec d’autres noms bretons : la Ville-Éon en Iffendic (22) était Villa Eudonis en 1395, mais Boiséon en Lanmeur (29), Koat-Even en breton, était Bosco Yvonis en 1330.

Voir aussi les noms en 'Ville'.