la Ville-Calaire
Il existe deux lieux-dits de ce nom sur l’actuelle commune de Loudéac, l’un d’entre eux étant autrefois sur la paroisse de Cadélac et qu’on nomme maintenant la Ville-Calaire-Cadélac pour le distinguer de son homonyme. Il dépendait du fief de Ténoquével.

Comme d’habitude, le doute n’habite pas Victor-Marie le Bris : "Kaler, vieux mot celtique qui signifie côte, versant ; ce mot, qui s’écrivait kalar, kalor, se retrouve dans Calorguen, côte, colline blanche". Je n’ai retrouvé trace de ce kaler dans aucun dictionnaire ancien ou moderne, ni dans aucune étude de toponymie bretonne. Qui plus est, les formes anciennes à notre disposition prouvent à l’évidence que Calorguen est composé de Ker, anciennement kaer, village, et du nom de personne Orguen.

J’ignore tout-à-fait la signification de ce Calaire. On peut sans doute postuler une racine celtique ou pré-celtique cal-, roche, que l’on retrouve à Callouët (voir à ce nom). L’orthographe Ville-Calère d’usage courant au XVIIème ne nous avance guère. Du moins peut-on rapprocher les lieux-dits loudéaciens de noms similaires, fréquents en Bretagne : au sud de Plumieux se trouve Caler, d’où la ligne de Caler en forêt de Lanouée ; un rocher à Bréhat s’appelle Kaler, ar C’haler avec l’article ; un Calaren à Langonnet (56) ; à Bréhand un Pont-Calard ; à Ménéac, Calers et Bos-Calers ; le moulin Calaire à Plédran, etc. Signalons aussi que le ruisseau de St-Jean qui rejoint l’Urne à Yffiniac (22) était aussi nommé la rivière de Camoy, ou de Camors, ou le Calaire (l’Urne était autrefois l’Aire). Calaire signifierait-il le ruisseau aux roches ? Un moulin existait d'ailleurs près de la Ville-Calaire

Mais un composé en Ville- semble alors improbable. Sur Scaer (29) une ancienne Kergaler, la ville-Kaler avec mutation du k initial, est devenu Kergoaler. Voir les noms en 'ville'.