Trémuzon
L’orthographe de ce lieu-dit, Trémuzon ou Trémuson, n’a presque pas bougé depuis au moins le XIIème siècle, époque où il est cité pour la première fois dans l’acte de donation de l’abbaye de Lanthénac aux moines par Eudon de Porhoët en 1149 : "J’ai donné (...) le moulin et le pré de Tremusson". En 1271, l’abbé Jean cède le moulin de Trémuson à Alain de Rohan contre la dîme de Henlez en Trévé, "trois quartiers de froments". Ce qui fait que par la suite les sujets de la paroisse de Noyal (Noal-Pondi) sont tenus "à fenner, râteller, charroyer" les prés de Rohan, de Trémuzon et de Pontivy.

Bernard Tanguy [*] rapproche bien sûr le nom du lieu-dit loudéacien de celui de la commune de Trémuson au sud de St-Brieuc. Parmi les formes proches notons encore Trémuzan ou Trémazan à Landunvez (29) et le château du XIIIème siècle de Trémazan à Portsall-Kersaint (29). Il existe aussi un lieu-dit Trémusson à Vignoc (35), noté Trémuson sur la carte d’État-Major.
[* in Les Noms de Lieux en -ac en Haute-Bretagne]

Il s’agit donc à l’évidence d’un composé de tre et de Muzon. Le premier terme, tre, a tout d’abord eu le sens d’exploitation agricole, de lieu habité donc, avant d’être supplanté par ker, et a par la suite évolué pour ne plus signifier qu’une trève, au sens religieux du mot. Ici il faut bien sûr le prendre dans son acceptation originelle. Quant à Muzon, si la présence du cours d’eau permet bien d’envisager un rapprochement avec les noms d’autres rivières comme le fait B. Tanguy (voir ci-dessus), un nom de personne paraît plus vraisemblable : parce que tant pour le village loudéacien que pour la commune homonyme près de St-Brieuc, rien n’atteste par ailleurs ce nom de Muzon pour un cours d’eau ; aussi parce que tre semble ne rentrer que rarement sinon jamais en composition avec un nom de rivière. Voir aussi à Ricadeux et aux croix.