Trédué
Il est bien difficile de s’y retrouver devant l’avalanche de variantes tant graphiques qu’orales. Les autorités ont elles-même dû y renoncer en laissant deux panneaux pour le même village. On trouve aujourd’hui trois formes couramment utilisées : Trédué, Terdué(z), ou Truduez. On relève encore le Tertre Duez dans l’annuaire ! La graphie la plus ancienne que j’ai relevée dans les registres paroissiaux de Loudéac date de 1649 : du Trédué (notons la présence de l’article, présent aussi sur la carte de Cassini le Tredué). Deux siècles plus tard, le cadastre de 1829 porte Tréduet. La forme originale semble donc bien s’écrire Trédué, évolué localement en Terdué. Truduez provient certainement de l’influence du Truguez de la même paroisse (voir à ce nom).

Le recteur le Bris n’a aucune hésitation : "C’est évidemment tré le doué, auprès, au-delà du dué ou lavoir. Il y en a un, en effet. Ce village paraissant très ancien, j’inclinerais à croire que nous sommes ici en face d’une traduction". Une explication par 'tres-le-doué' est hautement improbable : d’abord parce que si c’était le cas, il n’aurait pas produit autant de variantes, étant compris de tous et qu’il serait alors sans doute resté sous une graphie correcte, comme à Très-le-Bois (voir à ce nom). Ensuite parce que c’est bien un u qui est prononcé et non un ou comme l’exigerait le doué, lavoir. Enfin parce qu’elle n’explique pas la présence fréquente de l’article dans les formes anciennes.

Quant à moi, je n’ai aucune explication à avancer, sinon qu’il s’agit peut-être d’un composé de tre(v) (voir à Trémuzon).