Toullifaut
Toullifaut fait partie de ces noms connus et largement utilisés naguère et qui sont tombés en désuétude avec le développement industriel de la ville. Si tous les anciens de Loudéac peuvent situer le lieu-dit, précisons pour les autres qu’il se situe maintenant au cœur de la ville, à la hauteur du café le Vincennes. Le lieu s’appelait aussi les Faux (cf. cadastre de 1829).

Cet endroit autrefois marécageux a également donné son nom à un ruisseau qui y naît, aujourd’hui en partie recouvert. Il alimentait un petit château d’eau au passage à niveau de la gare, utilisé pour stocker l’eau des machines à vapeur et qui fut détruit en 1975, ainsi que les lavoirs ou doués de la Patouillette et de l’Abattoir. Charriant les déchets de ce dernier, il y gagna le surnom de Ruisseau Sanglant. Il rejoint le Larhon à Bodin [*].
[* Loudéac, une sous-préfecture et sa région au début du siècle, Jean le Clerc de la Herverie, 1990]

Ce nom a ceci d’intéressant qu’il semble conserver la trace de l’ancien article breton i ou y supplanté ensuite par l’article gaulois continental an (d’après certains auteurs dont le chanoine Falc’hun). Il se décompose donc en Toull-i-fav, c’est-à-dire le trou des hêtres (voir au Faux). On retrouve le même nom avec la même orthographe à Nort-sur-Erdre, Pierric et Pontchâteau, ainsi que le Castel de Toulifaut à Piriac (les quatre en 44). On peut en rapprocher Kerifaut, le village des hêtres à Paule (22) ou sur les mêmes bases Toulicoet, encore écrit Toull y Coet, le trou du bois, à Molac (56).

Un nom de famille Toullifaut est attesté en France, mais selon Dauzat il s’agirait là d’un sobriquet signifiant Tout-li-faut pour Tout-lui-faut... Ce n’est certainement pas là l’origine du lieu-dit loudéacien, qui se prononce d’ailleurs traditionnellement à la bretonne toullifao. Le t final doit sans doute son existence à l’influence d’autres toponymes tels Illifaut (sur ce dernier point voir aussi les Poulhauts).