Tilivet
Aucune certitude sur l’origine de ce nom. Depuis au moins le XVIIème siècle, il s’écrit avec un ou deux l, ou même dans un acte de baptême de Cadélac du 27 Mars 1656 : "en la maison neufve de Michel Courtel en Tilivey".

Le recteur le Bris assure quant à lui : "On prononce Tinévé, c’est-à-dire maison neuve. Or cette maison, avec sa porte cintrée, accuse la dernière moitié du XVIIème siècle ; donc on parlait alors breton à Loudéac". Sans vouloir mettre en doute la sincérité du saint homme - voir à Kerblanc, on peut se demander il a entendu cette appellation bretonne dans les années 1900. À St-Guen, dont il était originaire et qui bretonnait à l’époque, se trouve un lieu-dit Ti-Nevez, écrit Tinévé en 1670 (cf. Skol-Vreizh, cahier sur la toponymie mûroise d’Albert Deshayes) ; et c’est sûrement ainsi que devaient le nommer les contemporains du recteur. Mais toutes les archives à disposition portent bien Til(l)ivet et non Tinévé... ce que confirme la prononciation gallèse du village. Il semble de plus qu’il y ait eu confusion entre un lieu-dit préexistant - Tilivet - et une maison neuve datant effectivement des années 1650 (cf. la formulation de l’acte de baptême ci-dessus).

Ce nom semble composé de ti, maison, et de Livet, pour lequel on peut avancer plusieurs hypothèses :

1 - le participe passé du verbe livañ, peindre, colorier ; ce qui ferait de Tilivet la maison peinte, colorée ?

2 - un nom de personne Livet, du vieux-breton livvet ou liguet, moyen-gallois lliwet, lliwed, armée. Mais si ce terme apparaît bien dans plusieurs toponymes - par exemple dans Brelivet ou Berlivet (56 & 29), c’est toujours en composition et il est rarement attesté seul comme nom de personne : d’après le minitel, seulement 2 abonnés dans le Finistère, 3 dans les Côtes-d’Armor et 8 en Ille-et-Vilaine ; mais 19 dans le Morbihan et 39 en Loire-Atlantique.

3 - enfin Livet est aussi un nom de rivière, attesté à la Vicomté-sur-Rance (35), ou aussi entre St-Malo et Dinan (avec le Pic du Livet, l’Écluse du Livet, etc.), et probablement à Dolivet à St-Abraham (56), avec doll, méandre, entre le Ninian et l’Étang au Duc près de Ploermel (56) où coule un cours d’eau diversement orthographié (l’Hivet, Livet, l’Hivel ou l’Yvel), l'Evel, affluent du Blavet ou aussi l’Hyvet à Merdrignac (22). Tous remontent au vieux-breton *ibil de la racine celtique *ib, liquide [*]. Cependant aucun cours d’eau de ce nom ne semble exister auprès de notre Tilivet...
[* cf. Alan-J. Raude in Maezoe]