le Tannouët
Le nom est généralement orthographié aujourd’hui avec un -r final, quelquefois -z. Aux XVIIème et XVIIIème siècles, on trouvait presque toujours la graphie Tannouet, la seule correcte au regard de l’étymologie [*], et quelque fois Tannoué. Ce nom est formé d’un radical breton tann, chêne (cf. le français tan ou tannerie, d’origine gauloise. Voir à la Tannerie), et d’un suffixe -ouet, quelquefois réduit à -ot, dérivé du latin -etum. Tannouet signifie donc la chênaie. Voir aussi à la Chênaie.
[
* à noter toutefois le collectif tannwez, des chênes]

Ce nom est très répandu dans tout l’ancien domaine bretonnant. Citons entre mille autres et uniquement pour les Côtes-d’Armor : le Tannouet à Boqueho et St-Jouan-de-l’Isle, le Tanouet à Plouvara, le Tanet à Ploeuc ; au pluriel Tanouedo à Merléac et à la Bouillie, Tanwedou à Bourbriac ; formes mutées Danouet à Lanrivain, Mousteru, Canihuel, Peumerit, Quintin, St-Nicolas-du-Pelem, St-Pever ; variantes le Danot à Yvias, Plourivo, Plounevez-Moédec, Pluzunet, etc. et le Danouedel, affluent du Sulon. Falc’hun (NPHLB, p.581) suppose un *tann-houet, sous le bois. Outre que cette hypothèse n’est fondée sur rien, elle n’explique ni l’absence régulière du h, ni surtout la présence abondante de l’article le, que seul un sens chênaie justifie (comparer avec le nom de lieu devenu patronyme le Vézouët). Louis Turmel signale "Nous avons vu, dans un vieux parchemin, que noble homme Jean du Tannoué devait, comme hommage, une bague d’or". Hommage rendu aux Rohan, s’entend.


Une chapelle s'y trouvait, qui fut vendue comme bien national à la Révolution, puis détruite malgré les malédictions des habitants de ce village très important, puisqu'il compta jusqu'à 180 âmes.