la Tannerie
Le recteur le Bris déclare : "il y en eut une en effet, dans cet endroit ; ses affaires ne durent pas prospérer bien longtemps, et par la suite elle vécut peu". L’actuelle rue de la Tannerie conserve le souvenir de cet établissement. On ne sait trop que penser d'une déclaration du conseil de district plaçant la seule tannerie loudéacienne à Ste-Croix, c’est-à-dire aux Trois-Croix (voir à ce nom).

Quels que soient le lieu et l’époque, les tanneurs se sont exposés de par la nature de leur activité au dégoût ou au mépris du public. Au Japon, les Burakumin, classe de parias relégués au ban de la société, ont pour ancêtres les Eta, qui s’occupaient traditionnellement des animaux morts, tannaient le cuir, touchaient à la graisse et au sang. En Bretagne, on observe aussi un tel phénomène de rejet, par exemple au XVème siècle lorsque les ouvriers vannetais du cuir, comme leurs voisins foulons ou teinturiers, sont expédiés dans les villages satellites de Groutel et de Bourg-Maria. Outre les cordiers (voir à la Corderie) et les teinturiers, les potiers, les forgerons et quelquefois les barbiers furent l’objet de mesures répressives. À Loudéac, on peut constater le relatif éloignement de la Tannerie par rapport au centre-ville de l’époque.

Sur l'étymologie du mot, voir le Tannouët.