St-Hovec
Une tradition rapportée au début du siècle affirme que c’est là que se trouvait autrefois Loudéac. Quoiqu’erronée dans sa formulation, ne serait-ce que parce que St-Hovec était en Cadélac, et non à Loudéac, elle confirme que Cadélac était bien la paroisse primitive dont s’est détaché Loudéac, qui l’aura ultérieurement supplanté (voir à Cadélac). Il n’y a donc pas forcément contradiction avec l’autre tradition rapportée par R. Couffon concernant St-Bugan, qui elle ne concerne que l’ancienne paroisse de Loudéac (voir à St-Bugan). À St-Hovec se trouvait une blandirie, c’est-à-dire une blanchisserie pour travailler les toiles de lin [*].
[* cf. Mémoire du pays de Loudéac, n° 5]

De nombreuses hypothèses ont été émises :

1 - Plusieurs auteurs voient en St-Hovec une fausse coupe pour St-Tovec, ou Tovac, ou Toffac. Le problème avec ce saint, qui se prête si complaisamment à la solution du problême, c’est qu’il est à peu près aussi inconnu que Hovec ! Il n’apparaît qu’une seule fois, au lieu-dit St-Tofac, à trois km au sud-est de Languidic (56) sur la route de Pluvigner. Soulignons qu’on trouve aussi la graphie St-Auffac, et même en 1501 St-Offac. Mais la prononciation locale ne fait jamais entendre le t central de St-Hovec. Signalons ici que St-Jacut-de-la-mer (22) se nommait Landoac au moins jusqu’au XVIème siècle, et que pour certains auteurs, dont Loth [*], il s’agirait du sanctuaire de saint Tofac. À noter également un lieu-dit St-Doha à Merdrignac (22).
[* in Les Noms des Saints bretons, Revue Celtique, 1909, p.302]

2 - Plus vraisemblable apparaît alors le rapprochement avec d’autres toponymes qui semblent contenir le même nom, nombreux sur l’ensemble du territoire breton. Citons pêle-mêle la Ville-Auvais à Planguenoual (22), le Grand- et le Petit-Auvais au Grand Auverné (44), la Ville Auvé à St-Pern (35) écrit Villauvé en 1574 et Ville au Vé en 1513, Coatauvé ou Coatové à Yvignac (22), ou encore le Mont-Houvet à Plérin (22) - à Loudéac la forme St-Hovet n’est pas rare dans les archives disponibles. À l’appui de cette hypothèse, l’étonnante remarque du recteur le Bris : "St-Hovec, ou Ovec, vieux saint breton auquel nous devrions, dit-on, la pomme de ‘Doux-Ovec’. Il y a quelques années, ce nom était encore donné aux enfants en Vannes". Peut-être à rapprocher aussi d’un ancien nom de famille connu en Cornouailles brittanique, Affa, attesté par exemple en 1345 à Trevaffa en Meheniot, aujourd’hui Trevartha (voir aussi à la Ville-Hoyeux).