St-Cado
Saint Cado est né le 23 janvier 522. La tradition en fait le fils d’un tiern de Glamorgan, au Pays de Galles. Refusant de commander l’armée de son père, il aurait d’abord fondé le monastère de Llancarvan, puis, fuyant les pirates saxons, serait venu s’installer en Petite Bretagne. Il serait ensuite reparti au pays natal pour y mourir avec le titre d’évêque. Une autre version prétend qu’il est mort en Italie. Mais les historiens ont largement remis en cause l’invasion saxonne en (Grande-)Bretagne comme facteur principal de l’immigration bretonne en Armorique, et, en ce qui concerne directement saint Cado, le pensent originaire de l’ancienne Domnonée britannique.

Son culte, répandu sur toute la Bretagne, est davantage marqué dans le golfe du Morbihan, où il aurait débarqué, comme le représente un vitrail de l’église de Carnac. Ses exploits sont innombrables : à Belz (56), il affronte le Diable en personne ; à Guérande (44), il s’en vient convertir Merlin ! Le cromlec’h de Tromartin en témoigne encore. À Trémeur et Trédias (22), on l’honore comme l’un des Sept Saints, pères fondateurs de la Bretagne, ainsi qu’à Guégon (56) près de Josselin où il protège le bourg avec saint Gildas. On le prie volontiers un peu partout contre la surdité (Hennebont, Belz, etc.). En breton louzaouenn Droug sant Kado, l’herbe du mal de saint Cado, désigne la scrofulaire, réputée guérir des écrouelles. À Cadélac, les pélerins venaient nombreux du pays gallo ou du Morbihan bretonnant demander la guérison de leurs plaies ou de leurs membres ankylosés. Le pardon avait lieu le deuxième dimanche d’août et la procession se rendait à une fontaine ‘intarissable’ ; l’oratoire contenait encore aux lendemains de la première guerre mondiale quantité de béquilles et de bâtons laissés par des malades reconnaissants. Le 3 septembre 1635, les registres de baptême de Cadélac nous apprennent que fut haussé et refait l’autel de Messire St Cado en l’église de Cadélac. L’oratoire de 1667 fut reconstruit récemment, en dur, à 50 m de son emplacement primitif. Les travaux de construction de l’actuelle chapelle de saint Cado ont débuté vers 1930. Elle abrite une statue du saint provenant de l’ancienne église de Cadélac, qui avait trouvé refuge dans la chapelle de l’hôpital rue St-Joseph, de 1807 à 1931.

Le nom de Cado dérive d’une racine vieille-bretonne cat, kad en breton moderne, combat. C’est pourquoi on en fait aussi le patron des guerriers et plus pacifiquement des adeptes du gouren, la lutte bretonne.

Voir aussi à Boquého, Guernergamp, Ricadeux.