l’Oust
Cette rivière a été de la plus haute importance dans l’Antiquité : les marchands vénètes y voyaient la route la plus courte pour gagner les rives de la Manche et, par Jersey, la Bretagne insulaire. Ils devaient emprunter le territoire curiosolite vers la Rance et ses ports, et la route terrestre qui joint Redon à la Rance à travers le territoire de ce peuple. Une alliance étroite s’est alors créée, avec des rapports privilégiés, de part et d’autre d’une longue frontière commune : le cours moyen et inférieur de l’Oust.

Sur Loudéac, notons aussi la présence de filons aurifères vers le Tiernez, Launay-Grésillon et dans les sites alluvionnaires des affluents de l’Oust : on y a trouvé des pépites de 14 et de 25 grammes (voir à la Mine d’or).

Oust est une graphie récente et fautive - mais qui a reçu l’aval de l’administration. Comme le résumait La Borderie [*] : "Nous écrivons Out et non Oust, orthographe officielle cependant, qui n’en vaut pas mieux pour cela". Ses formes anciennes sont en effet Uld ou Ult en 834 ; Ulda fluvius pour Grégoire de Tours ; Ult, Ulto, Ultus dans le Cartulaire de Redon et dans toutes les chartes latines antérieures au XIVème siècle, soit Out en français. On retrouve le même radical plus -on (voir à Larhon) dans l’ancien nom du Don, affluent de la rive gauche de la Vilaine : Uldonis au IXème siècle. La commune d’Oudon (44), Uldo en 1038, a sans doute la même origine quoiqu’on ait voulu y voir un dérivé de nom d’homme germanique Vuld.
[* Histoire de Bretagne]

Ce terme n’est d’ailleurs pas d’origine bretonne mais gauloise : St-Vincent-rive-d’Olt conserve la forme primitive du nom du Lot, qui se dit Olt en occitan. Citons encore une rivière Oudon (14) et la commune Sentenac d’Oust dans l’Ariège ; l’Ouanne (Odouna au IIème siècle) coule dans le département de l’Yonne. Revenons enfin en Bretagne avec un Penn an Out à St-Laurent (22), de même origine.

Le passage d’Out à Oust s’est produit au quinzième siècle, sous l’influence du mois d’août, qui, venant du nom de l’empereur romain Auguste, s’est vu gratifié d’un s pour s’écrire aoust ou même aougst. Out et août se prononçant de la même façon, on a alors commencé à écrire Oust, et aussi Aoust et Aougst ; la palme revient à une latinisation en Augusta riparia en 1454.