le Ménec
Ménec vient d’une racine bretonne maen, pierre, et se trouve souvent associé à la présence de mégalithes. L’exemple le plus connu en est bien sûr le Ménec de Carnac (56), que prolonge le petit Ménec de la Trinité (56). Mais on peut aussi citer le Ménec à Belz (56) et Ploemel (56), le Grand- et le Petit-Ménec à Noyal-Pontivy (56), ar Venec à Lanmodez (22), Plougonver (22) ou Plouaret (22), le Vénec à Mellionnec (22) et Pédernec (22), etc.

Il n’y a plus ni menhir ni dolmen au village loudéacien, ni aucun vestige de mégalithe. Rien d’étonnant à celà, de nombreuses pierres ont ainsi été détruites soit de la volonté des prêtres luttant contre les relents de paganisme de leurs ouailles, soit par les agriculteurs qu’elles génaient dans leurs travaux. La présence d’une chapelle renforce cependant l’hypothèse d’un ancien culte des pierres au Ménec, antique lieu de culte christiannisé comme la Bretagne en connaît tant. D’ailleurs les habitants n’étaient pas en odeur de sainteté auprès du clergé local comme l’atteste cette remarque de Victor-Marie le Bris, écrite à l’occasion du baptême de Marie-Suzanne-Émilie, cloche destinée à la chapelle, le 25 Septembre 1901 : "Le quartier fut, dit-on, le moins bon, sinon le plus mauvais de la paroisse ; grâce à Dieu, aux chapelains et aussi à une institutrice laïque, il devient, si ce n’est déjà fait, le meilleur ! Deus conservet eum !".

Cette chapelle, au surprenant clocher en fer, est placée sous l’évocation de saint Gilles, saint Méen et saint Julien. Ce dernier a peut-être pris la place d’un saint local, Sulien, comme c’est le cas à Plussulien. Elle aurait été construite vers le XVIIème siècle, sur les vestiges d’un prieuré disent certains, et fut restaurée en 1833 et en 1901.

Le blason à l’effigie d’une tête de cerf couronnée qu’on y trouve au levant est celui de la famille noble des Daen, qui devaient donc posséder le Ménec lors de l’érection du bâtiment. Elle est déjà citée en 1423 dans la Réformation de la Noblesse de l’Évêché de Saint-Brieuc.

D’après Oger, le Ménec est une ancienne trêve de Loudéac. Voir aussi à Callouët, au Breil et à la Grange.