Loudéac
Le sens original du lieu est incertain. Voici les formes anciennes :

Pour la plupart des auteurs, l’origine gallo-romaine du nom ne fait aucun doute. Cependant un rapide coup d’œil sur la liste ci-dessus suffit à en faire ressortir le premier élément, c’est-à-dire la forme la plus ancienne qui nous soit connue, Locduiac, datant du XIème siècle et conservée dans le Cartulaire de Redon. Or cette forme laisse au contraire penser à une formation bretonne en lok. Ceci illustre certainement un mauvais pli des clercs bretonnants dénoncé en ces termes par Jean-Yves le Moing [*] : "Il semble évident que les moines, particulièrement au XIIème siècle, se sont laissé aller à faire de l’étymologie et, partant de là, à remplacer certains noms de lieux par des formes inventées par eux (ou " restituées ")" . De fait un breton *Loc-duiac aurait abouti à une forme moderne en Lot-, comme dans Lotivi (de Loc + Divi) ; or les formes bretonnes contemporaines vannetaises ne connaissent que Lodaog ou des variantes telles Lozaog, Loraog, Laodeg... La prononciation gallèse, Loudiâ, va dans le même sens.
[* dans Les Noms de lieux bretons en Haute-Bretagne, p. 62]

On doit donc ignorer cette forme suspecte et en revenir à un nom d’origine gauloise, caractérisé par sa finale en -ac. Cette finale était fréquente sur tout l’ancien territoire gaulois mais a généralement évolué en -é ou -y sous l’influence du français. Sa persistence en Bretagne centrale s’explique par une re-celtisation dûe à la langue bretonne, qui a figé les noms de lieux concernés dans leur terminaison en -ac alors qu’ils évoluaient normalement dans des zones francisantes. C’est pourquoi on trouve tous ces noms en -ac dans une zone médiane entre la Basse-Bretagne proprement dite qui ne connait que les terminaisons bretonnes en -eg et l’est de la Haute-Bretagne, d’influence romane. Pour prendre un exemple Loudéac et Cadélac seraient devenus Loud et Cadélé dans le pays de Rennes : mais ici la venue de populations bretonnantes a empêché cette évolution.

La forme originale semble avoir été Lucoteiacum, comme le pensait déjà Joseph Loth [*]. Ce nom ne désignait pas une paroisse ni un pays, mais à une région du territoire paroissial de Cadélac dont Loudéac faisait partie à l’époque.
[* in Les mots latins dans les langues brittoniques, Annales de Bretagne tome VI, 1891, p. 587]

Notons aussi l’existence d’une lande-de-Loudéac, lieu-dit de St-Hervé (22) et aussi d’un Liors-Loudéac inattendu à Ploézal (22).

Voir aussi à Cadélac.