Launay-Bergault
Launay est bien sûr pour l’aulnaie, l’endroit où poussent les aulnes, ou par extension, tout endroit humide et marécageux. C’est l’équivalent exact du breton gwern qui forme à Loudéac la première partie de Guermeleuc.

Quant au second terme, Bergault, on le trouve écrit soit ainsi, soit Belgaud (par exemple sur la section cadastrale de 1829), ou bien Bergaut ou encore Bergot, graphie adoptée par Louis Turmel (Launay Bregaud pour la carte de Cassini). Il semble bien que cette dernière forme soit la plus ancienne et peut alors être rapprochée du Convenant Bercot en Plusquellec (56), ou de la Bergottais à Ruffiac (56). Bercot ou Bergot sont deux variantes d’un très ancien nom de personne breton, encore courant dans le bas-Léon, et qui selon Francis Gourvil s’écrivait Bergoet en 1443. Il s’agirait d’un patronyme d’origine toponymique. Il semble inutile en tous cas de faire intervenir le vieux-français bergot, nœud, resté en usage dans le pays à propos des nœuds ou rugosités du bois.

Mais si Bergault est bien la forme étymologique, il s’agit alors d’un nom de personne d’origine germanique, composé de berg, défendre, et de wald, gouverner. De toutes façons, il y a du y avoir confusion entre les deux noms en Haute-Bretagne, et il est difficile de savoir à quelle origine attribuer la Porte-Bergault à Ploermel (56) ou la Belgoderie à Notre-Dame-des-Landes (44) par exemple.

Launay-Bergault fut la résidence des Daën de Kermenennan du seizième au dix-huitième siècle (en 1578, l’écuyer François Daën y habitait). On y voit encore sur l’un des bâtiments les armes des Daën qui sont d’argent à trois rencontres de daim de sable accornés d’or. Elle aurait aussi appartenu à la famille des Déserts (voir à ce nom) à un moment de son histoire. Il y avait là un moulin, privilège seigneurial. La tradition veut que deux souterrains y aboutissent. Voir aussi à Beausoleil et au Pilori.