Ker Ste-Anne
Ker Ste-Anne... C’est ainsi que fut baptisé après sa construction au tout début du XXème siècle le bâtiment qui abrite aujourd’hui la bibliothèque municipale. Oublié en tant que tel de nos contemporains, le nom subsiste avec l’impasse Ker Ste-Anne, tronçon désormais bouché du tracé de l’ancienne route de Loudéac à Cadélac.

De formation donc totalement différente des autres 'ker' loudéaciens (beaucoup plus anciens, voir aux noms en 'ker'), Ker Ste-Anne se situe historiquement entre la celtomanie de la bourgeoisie bretonne de la fin du dix-neuvième siècle et les débuts du tourisme de masse de la seconde moitié du vingtième, qui verra l’éclosion des résidences secondaires Ker-quelquechose, en réponse au souci d’exotisme des visiteurs. Une formation vraiment bretonne aurait d’ailleurs donné Keranna, nom dans cette langue de Ste-Anne d’Auray. Loin d’être isolé, ce Ker Ste-Anne a des petits frères un peu partout en Bretagne : à Plescop (56), Batz/mer (44), Quévert (22), Tréboul en Douarnenez (29), etc. Certains sont devenus noms de lieux, d’autres non, mais tous datent de la même époque et témoignent accessoirement de la persistence du culte de sainte Anne en Bretagne. Il existe aussi des variantes évidentes telles que Villa Ste-Anne à Trévou-Tréguignec (22).

Cette bâtisse fut aussi connue des Loudéaciens sous le nom de Château Boscher-Delangle, d’après le nom des premiers propriétaires, famille de toileux de Saint-Thélo ; puis comme le Château-(H)esnault, du nom de leurs successeurs. Francisque Boscher-Delangle fut maire de Loudéac de 1882 à 1896.