Kerd’hervé
Cette graphie inexacte montre qu’on ne comprenait plus le sens initial du mot et qu’on croyait avoir à faire au ker du dénommé Hervé. En 1649 (cf. registres paroissiaux de Loudéac) on trouve encore une forme étymologiquement correcte : Kerdervé (et un Kerdevé certes fautif mais sans h sur la carte de Cassini).

En fait dervé est dérivé de derv, dero, le chêne en breton. On trouve un Dervès à Guilers (29), cousin du derwydd de Llandebie en Carmarthenshire au Pays de Galles. Déjà en 1268 Grâces près de Guingamp (22) fournit un toponyme Dervé. En Cornouailles brittanique se trouvent plusieurs Pendarvis, tel celui de Camborne, qui sont devenus noms de famille.

Les lieux-dits Derve(z) sont d’ailleurs eux aussi à l’origine de plusieurs noms de famille, presque tous cornouaillais, et quelquefois orthographiés D’hervé. Les Kerdervé de Gourlizon (29) ou, après mutation, Kerservé, variante Kerzervé, de St-Thurien (29), écrit Kerdervé sur la carte de Cassini, seraient plutôt des villages du nommé Dervé que des villages de la chênaie. Pour ce qui concerne Loudéac on ne peut s’empécher cependant de noter la proximité de Kerd’hervé et de la Chênaie à Cadélac.

Notons enfin qu’il existe de très nombreux dérivés de ce terme en toponymie bretonne ; un seul exemple suffira : Pouldervé en Langonnet (56). Voir aussi aux noms en 'ker' et au Tannouët.