le Guignon
Ce village n’était sans doute pas habité au XVIIIème siècle, n’apparaissant jamais dans les registres de l’époque. Mais on ne doit pas en conclure pour autant que le terme Guignon n’existait pas : bien au contraire il devait déjà désigner une parcelle ou un terrain, nom utilisé par la suite pour désigner les premières habitations qui s’y sont construites.

Faut-il alors remonter au vieux-breton guinion attesté dans les Gloses du Manuscrit d’Orléans et traduit petites vignes par Loth ? On a en effet cultivé très tôt la vigne dans notre région, et il n’y a pas si longtemps que ses grappes l’ont déserté. Témoin ce passage d’Ernest le Barzhig sur Mûr-de-Bretagne : "Nous concrétiserons la douceur du climat par ce fait que le raisin dit baco (ou Baccho ?) que la presqu’île de Rhuis s’enorgueillit de cultiver mûrit parfaitement le long des murs de nos jardins. Les pentes de Guerledan et de Trévéjean n’étaient-elles pas, jusqu’au milieu du XVIIIème siècle, couvertes de vignes ?" (voir aussi à Ganland).

On peut aussi plus simplement voir dans le Guignon le nom d’une variété de cerisiers. Il n’est pas rare qu’un arbre isolé donne son nom à un lieu-dit, soit remarquable par sa taille, son ancienneté ou sa rareté, soit qu’il conserve le souvenir de quelque fait marquant - réel ou imaginaire, ou enfin comme repère pratique d’un point particulier du paysage (voir au Faux). En tout cas, aucun rapport avec le nom de famille Guignon qui comme Guigneux ou Guignot dérive d’un vieux français guigner, lorgner avec convoitise.