le Diffaut
Le gallois a emprunté au latin un terme defensum, bois réservé, dont il a fait diffwys, région déserte, sauvage, montagneuse, et dont le breton a tiré le Divez à Treflez (29), le Dives à Landeda (22), ou, en composition avec koat, bois, Coatevez à Hanvec (29) et Coateves à Milizac (29). Kerdevez s’écrivait Kerdiffeth en 1648, du moyen-breton diffeth, gallois difaith, inculte. Le français connaît lui-aussi de nombreuses variantes toponymiques de ce mot, selon les régions : Defais, Defait, Def(f)ay, Defoy, Defend, Deffan(d), Deveix, Devens... Il désigne un terrain seigneurial ou communal où il est défendu de laisser aller paître les animaux. Dans tout le sud de la Haute-Bretagne, c’est la forme le(s) Def(f)ay(s) qui règne : on la retrouve par exemple en Loire-Atlantique à Prinquiaux, Ste-Reine-de-Bretagne, Fay-de-Bretagne ; dans le Morbihan à Carentoir ou Campénéac.

Mais si le Diffaut loudéacien appartient bien à cette vaste famille, provient-il de la forme bretonne (cf. le Diffos, registre du 7 Novembre 1649) ou française ? Il se peut que l’orthographe ait subi l’attraction de Toullifau ou d’Illifaut. Ces deux derniers noms comprennent le mot fau, hêtre, alors que le Diffaut ne peut absolument pas se traduire par les deux hêtres, comme cela avait été proposé il y a quelques années.