Cojean
Pour Dauzat, souvent mal inspiré (ou renseigné ?) dès que l’on se trouve dans la zone celtique, aucun problème : "Cojean, nom breton = vieux Jean (Coz Jan), variantes Coujan, Cojean (qui est aussi un nom de famille issu d’un nom de propriétaire [22, Loudéac])". Même certitude, quoiqu’aboutissant à des conclusions différentes, pour le recteur Victor-Marie Le Bris : "en breton moderne kojan veut dire bouvillon". S’il est vrai que le dictionnaire d’Ernault connaît un kojen signifiant bouvillon, y voir l’origine du nom de lieu loudéacien serait sans doute pousser le bouchon un peu loin.

Le Cojean loudéacien vient en fait d’un ancien breton kog, qui est lui-même dérivé d’une racine pré-indo-européenne *kukk , désignant une butte, une motte, d’où dérive un singulatif kogenn. Il y avait bien une motte féodale à Cojean, recouverte d’un bois appelé le Rouet des Douves au XVIIème siècle (avec le rouet pour ar c’hoet, le bois ?). La Butte de Cojean représente donc une tautologie bilingue. L’endroit était habité à l’époque gauloise, situé au bord de la voie romaine de Rennes à Carhaix (voir à la Millière).

On retrouve cette racine à Kergoc à Plogonnec (29), au pied d’une butte, à Poulcoq proche de Coguel-Runaor à Plomeur (29), Coguen à la Martyre (29), etc. [*]. Cela pourrait éclairer d’un jour neuf l’origine de l’ancien nom de la commune de la Motte : la Motte Gargajan, motte d’ailleurs toujours visible à environ un km au nord-est du bourg. Le Morbihan a lui aussi son Kergogan. Les variantes graphiques passées n’apportent aucune surprise : Coian ou Cogean dans les registres du milieu du XVIIème siècle, et Cogent en 1792. Il serait très intéressant de connaître les formes anciennes de Cogea, à Guérande (44), ou Cajan à Paule (22).
[* cf. la Toponymie Celtique par Jean-Marie Ploneis, 1989.]

Voir aussi les Brûlons.