le Chêne Rosé
Le Chêne Rosé de la forêt de Loudéac était placé au milieu d’un carrefour où avaient lieu des rendez-vous de chasse. Un jour, un jeune homme des environs de la forêt promit à une jeune fille de l’épouser et de lui faire cadeau d’une paire de beaux souliers si elle consentait à aller à minuit crier quelque chose sous le Chêne Rosé. La jeune fille, qui n’était pas peureuse et avait sans doute envie de se marier, alla au carrefour. Le lendemain, au pied du Chêne Rosé, on trouva sa coiffe, tachée d’une goutte de sang et sa paire de sabots. Depuis, on ne l’a jamais revue ; mais on assure que parfois, en plein midi, on entend sortir du chêne une voix qui crie : "Rends moi mes souliers, rends moi mes souliers !"
Paul Sébillot, renseigné par Émile Hamonic, de la Motte.

Il est une ancienne croyance chez les Celtes, selon laquelle le seul moyen d’empêcher les assassinés de revenir hanter les vivants, c’est d’enterrer avec eux les chaussures, souliers ou sabots, qu’ils portaient le jour de leur mort. Le fait fut signalé à Anatole le Braz par F. ar Fulup de Ploumiliau. G. Henderson signale la même croyance en Écosse [*] : "si l’on enterre les chaussures d’un homme assassiné, on l’empêche de revenir tourmenter les gens de l’endroit où le crime a été commis".
[* dans la Revue des Traditions Populaires, tome V.]