la Chapelle aux Vendeurs
Si la carte de Cassini emploie le singulier (La chapelle au Vendeur), les témoignages des registres paroissiaux de Loudéac s’accordent plutôt pour le pluriel (ex. : le 2 Janvier 1650 une marraine qui demeure à la chapelle aux vendeurs). Il s’agissait en fait d’une chapelle seigneuriale, dépendant d’une ancienne maison noble de Loudéac, celle du Plessix (voir à Plessix-Boudet). Un aveu du 20 août 1756 mentionne "La chapelle dite la chapelle Notre Dame de Grâce et vulgairement appelée la chapelle au vendeur".

Disparue aujourd’hui, elle accueillait un pardon qui fut arrêté par le clergé, mais qui n’en continua pas moins chaque année, surnommé le Pardon des Ivrognes... Elle était dédiée à saint Tujen, transformé par certains en saint Eugène (prononcé Ujèn' en gallo), invoqué contre la rage, les rages de dents et la lèpre.

Je ne vois guère d’explication sur l’origine des vendeurs en question. Il faut peut-être évoquer la forêt toute proche et se rappeler que la police des massifs forestiers du duché de Rohan, inspirée de l’ordonnance royale de 1669, avait à sa tête jusqu’à la Révolution un Maître et Vendeur, véritable administrateur des eaux et forêts. Seuls d’autres noms de même forme à proximité de forêts pourraient donner quelque poids à cette idée. Elle était aussi parfois appelée chapelle aux Veneurs, peut-être parce qu'une famille le Veneur habitait à Calouët.