les Champoulains
De même que les Blainfaux, les Champoulains ne désignaient autrefois qu’un petit village de faible importance ; aujourd’hui le terme recouvre un quartier pavillonnaire. On peut regretter une large approximation dans l’attribution officielle de ces noms aux deux quartiers en question : ce qu’on appelle les Blainfaux est plus proche des Champoulains d’origine, ceux-ci comprenant désormais la ferme des Blainfaux.
Deux analyses possibles :

1 - La plupart des gens prennent naturellement ce nom pour un composé de champs et de poulains. Dans ce cas, il conviendrait sans doute alors de voir dans Poulains un nom de famille, très répandu en Haute-Bretagne, et non pas celui de l’animal (cf. Kerpoulain au Haut-Corlay, 22) ; s’il s’agit d’un nom de famille d’origine romane, signalons que Poulain peut être un nom d’origine, voulant dire polonais en vieux-français, ou bien encore le sobriquet d’un homme vif, ardent, comme l’animal.

2 - Je penche cependant personnellement pour une autre explication, qui fait dériver les Champoulains du breton kampoullenn, "boue, crotte, en parlant des chemins et des rues", lui-même d’un radical kampoull, vallée, vallon. Comparer à : Campoul à St-Ségal, ar Gamboul à Plouvien, Ros Camboul en Bannalec. Toujours dans le Finistère, nous retrouvons ce Kampoullenn dans un Parc-Gamboullen (à Bannalec), ar C’hamboulennou à Telgruc, an Amboulen (à Locmaria-Plouzane), ou Goarem ar C’hampoullennou à Plouzevede, et Parc-Campoullenec à Ergué-Gaberic, près de Quimper. Cette "vallée boueuse" n’aurait rien d’étonnante située comme elle l’est près de la Baille, des Blainfaux, du boulevard des Priteaux qui aboutissent à la Grenouille. Si l’article pluriel les pose problème dans cette hypothèse, le passage de kam à cham et de -enn à -ains s’explique aisément dans la région.