Callouët
"Calouët, dont on trouve la première mention en 1535 remonterait, d’après la tradition, à une haute antiquité " Louis Turmel, à propos des anciennes maisons nobles de Loudéac. En fait, cette ancienne maison noble est déjà citée au moins une fois 24 ans plus tôt, dans la Réformation de la Noblesse de l’Evesché de St-Brieuc de 1513 pour la paroisse de Cadélac, avec le seigneur : "Jean de Lindreuc sieur de Catlouet". Un acte de baptême enregistré à Cadélac le 3 décembre 1628 indique un changement de propriété : "Noble homme Pivert, sieur de Blanlin et damoiselle Berthelot, demeurants en leur maison et manoir noble de Calloet". On fit très tôt la différence entre Callouet d’à-Haut et Callouet d’à-Bas, qui devinrent ensuite le Petit- et le Grand-Calouet.

Mis à part la forme aberrante Catlouet de 1513, l’orthographe la plus répandue à deux l internes. On rencontre une variante Callouay en 1649. La signification du terme paraît assurée : c’est un nom passé au gallo [*] désignant un terrain pierreux, d’une racine bretonne kall, roche, caillou [**], que l'on retrouve également dans le nom de la commune de Callac. On le retrouve dans le Haut- et Bas-Callouet à Languenan, le Clos-Callouet à Créhen, la Ville-Callouais à Étables-sur-Mer, Callouet à Plouasne, et sans doute aussi à l’Hôtel-Gallouet à Plerneuf et Gallouet à Bulat-Pestivien, tous ces exemples étant pris dans le département. Il est devenu nom de famille assez tôt : l’ancienne manoir de Basse-Ardenne, à 1 km 2 au sud de St-Maugan est passé aux Callouel en 1513.
[* cf. A. Pégorier, Glossaire des termes dialectaux, IGN, Paris.]
[** cf. A. Deshayes, Dictionnaire des noms de lieux bretons, Le Chasse-Marée, Douarnenez.]

Il est intéressant de noter les formes différentes employées sur la commune concernant roches ou pierres : Callouet, la Pérouse, Pérée (proche de Callouet), le Ménec et le Rocher.

Cal(l)ouet est aujourd’hui réputé bien au-delà de Loudéac pour les courses qui se déroulent chaque année à Pâques à l’hippodrome, construit en 1881. Il faut cependant peut-être remonter beaucoup plus loin pour en retrouver l’origine. Écoutons la Borderie [*] : "Le devoir de quintaine comme on le trouve ordinairement décrit dans les actes bretons, c’était - pour tous les nouveaux mariés de l’année sur le territoire d’une seigneurie ou sur une partie déterminée de ce territoire - l’obligation de se présenter à lieu et jour fixes, devant le seigneur et ses officiers, afin de fournir trois courses à cheval contre un poteau de bois, que chaque coureur venait tour à tour heurter, à toute force, d’une longue gaule en façon de lance dont il était armé. Si la gaule ne se brisait pas dans l’une des trois courses ou si le coureur se laissait choir de son cheval, il devait au seigneur l’amende de 60 sols. Autrement il était quitte.(...) C’est un reste des jeux et exercices militaires, imposés par les seigneurs à leurs hommes dans les premiers temps de l’âge féodal, quand la fréquence des guerres privées et le défaut de sécurité publique obligeaient les seigneurs d’armer pour la défense commune de la seigneurie leurs vassaux indistinctement, nobles et roturiers. Les mœurs s’étant adoucies, ces exercices militaires tombèrent en désuétude, et aussi comme un divertissement populaire.(...) À Loudéac, outre les nouveaux mariés de l’année, tous les cordiers de cette paroisse qui étaient nombreux devaient le devoir de quintaine. Le lundi de Pâques, tous les quintainiers, montés à cheval équipé et sellé avec éperons, se formaient en rang et faisaient trois fois le tour de l’église de Loudéac armés de leurs lances ou gaules de quintaine, celles des cordiers peintes en blanc pour les distinguer des autres. (...) Les seuls cordiers de la paroisse de Loudéac dispensés de cet exercice étaient ceux du village de la Feillée ; en revanche ils devaient se rendre près des juges de la juridiction, se mettre devant eux un genou en terre et leur présenter respectueusement un bouquet de houx. L’origine de cette coutume ne pouvait manquer d’être piquante, malheureusement le souvenir s’en est perdu".
[* dans sa monumentale Histoire de Bretagne, tome III.]