Caiarnel
Nom intéressant car exemplaire de l’évolution possible entre les formes les plus anciennes connues et la moderne. Voici quelques exemples des graphies relevées dans les registres de Cadélac ou de Loudéac (Le K en italique représente l’ancienne graphie du K barré, c’est-à-dire un K dont le jambage droit est allongé et barré pour représenter le mot Ker) :

  • Kriarnec et Kriarnet en 1629
  • Keriarnel en 1638
  • Keriernet en 1640
  • Cariernet en 1643
  • Queriernel en 1662
  • Queriernec en 1679
  • Cariarné en 1739
  • village de Kernel en 1886

Plusieurs traits sont d’ores et déjà discernables, qui expliquent la transition d’un composé de ker original à Caiarnel. D’abord l’évident passage d’un Ker initial vers le Car actuel, attesté dès 1643. Ensuite, l’hésitation permanente dès le XVIIème siècle pour une finale en -ec, -el ou -et, qui est fréquente en toponymie haute-bretonne et n'est pas significative. D'après les relevés d'Alain le Noac’h, les registres d’Hémonstoir, paroisse limitrophe, donnent :

Kguernay en Cadélac en 1669
Querguernay en Cadélac en 1670

S’il s’agit vraiment du même lieu comme tout le laisse supposer, il nous faut donc supposer que le g représente une forme de palatalisation ou mouillure fréquente en breton.

En effet la seconde partie du nom parait venir de l'ancien patronyme Hoiarnhael, formé de hoiarn, fer, et de hael, noble, généreux. C'est le saint éponyme de Plouharnel (56), Ploarnael en 1330. Sous l'influence des Rohan, ce saint dont le culte était très répandu dans la région sous divers appellations, s'est vu remplacé par saint Arnould (chapelle de Noyale-Pontivy, etc.) . Arnould a ainsi pris la place de Hoarnael comme patron de la paroisse d'Hémonstoir, toute proche de Caiarnel...

[modifié le 17-05-2010]