le Breil
Ici seront regroupés aussi bien le Bas- et Haut-Breuil que le Breil St-Maurice ou le Breil du Ménec. Le Breil ou le Breuil sont évidemment synonymes et si on ne les retrouve plus aujourd’hui que comme noms de lieux, il faut savoir que c’était encore un nom commun usuel au XVIIIème siècle, désignant un petit bois entouré d’une haie ou d’un mur, l’équivalent du français plessix. C’est à l’origine un terme gaulois, brogilo, petit bois. Penser au nom de famille "de Brogli", nom du nord de l’Italie qu’on doit en fait prononcer de Breuil.

Le fait de pouvoir avoir une terre "entourée d’une haie ou d’un mur" n’était évidemment pas sans signification sociale sous l’Ancien Régime. Témoins ces deux textes du XIIIème siècle : "et le droit d’envoyer des bêtes pacager et de ramasser du bois dans une partie de la forêt voisine qui n’est pas mise en défens, le reste ou brolia étant réservé, sous peine d’amende, à la chasse et à l’exploitation du bois de charpente" (1255) ou bien "la propriété des terres novales récemment gagnées sur les friches et un droit d’usage et d’exploitation dans un breill de bois et dans une lande soigneusement délimitée, à condition, bien sûr, de ne pas endommager les hautes futaies" (1296).

On ne sera donc pas étonné d’apprendre que le Breil était une terre noble. En l’an de grâce 1280 Pierre, seigneur de Tronchâteau, dit aussi de Châteautro, la vendit à Geoffroy de Rohan (Breil s’écrivait Braill dans le texte en question).

En règle générale, l’orthographe Breuil est d’introduction récente en Bretagne ; on n’a connu par exemple à Loudéac jusqu’au XIXème siècle que la graphie Breil (cf. dans les registres de baptêmes loudéaciens de 1649 : le Haut Breil). Le Breil de la carte de Cassini correspond au Breil St-Maurice et Breil de St-Maurice sur le cadastre de 1829. Celui du Ménec est Breil pour Cassini et Breuil sur le même cadastre. Pour finir, signalons que le Bas-Breuil est appelé la Gaitée sur la section cadastrale concernée en 1829.

Voir aussi le Feu du Breil et la Porcherie.