le Bout de Corno
Ce nom a disparu des cartes et des mémoires. Pourtant pendant des siècles il fut connu des Loudéaciens comme un village important, et cela jusqu’il y a peu. Souvent cité dans les registres paroissiaux loudéaciens, il figure encore dans les recensements du siècle dernier (sauf dans celui de 1856). Il s’y trouvait cinq maisons. Ce village a même peut-être abrité un digne successeur d’Éon de l’ Étoile si l’on prend au pied de la lettre les dénonciations de Guillaume Guillemot au Conseil de District, le 4 Germinal an II, à propos d’un dénommé François Connan , "du lieu du Bois de Corno" : "considérant qu’il est appris par la ditte information que le dit Connan s’est rendu coupable d’un délit propre à allumer de plus en plus les torches du fanatisme par les prédications et prétendues prophéties qu’il a débitées tant en particulier qu’en public".

Le terme bot est abondamment décrit à d'autres entrées : se reporter à Beau Fleury. Corno est quant à lui est très ancien nom d’homme breton, forme hypocoristique de corn, emprunt du vieux-breton au latin cornus, corne. Il désignait probablement quelqu’un qui portait un casque. Voir Rest an Cornou, à Bourbriac (22), Pont-Cornou au Plessix-Balisson (22), etc.

Ce nom était traditionnellement prononcé Bot-Corno, en accord avec son origine (cf. à preuve les écrits de Louis Turmel, avoué loudéacien du début du siècle qui écrivit sur les noms de lieux locaux), mais souvent écrit Bois de Corno : exactement le même phénomène que pour le Bois-Hamon (voir à ce nom). La carte de Cassini porte quant à elle le Boutcorno.