le Bourgeon, le Bourget
J’ai réuni ces deux villages car ils me semblent avoir la même origine, quoique certains fassent du premier une déformation de brégeons, bergeons, du bas-latin brevis, courts. C’est effectivement un nom de lieu très courant en Haute-Bretagne, commandé par la forme irrégulière d’un champ aux rangs ou aux sillons "écourtés". Il s’applique donc le plus souvent à des parcelles de terre, mais on le trouve parfois pour des lieux habités : les Brégeons à Quévert et St-Aaron (22), les Bergeons à St-Brieuc (22), etc. Notons que toutes ces formes sont plurielles et ont gardé un bre ou ber initiaux. Nous avons donc affaire avec notre Bourgeon et notre le Bourget à des diminutifs du mot bourg (le Bourget est le Bourgeois sur la carte de Cassini, et le Bourgeon y est inchangé).

Le terme est employé depuis longtemps en Bretagne avec, peut-être, une connotation religieuse. Dès le onzième siècle Robert Ier, de retour de croisade, fait don de parcelles de terrain à des moines qui y élèvent en 1076 le monastère de Ste-Croix, qui deviendra plus tard le Bourg aux Moines. Plus récent et plus près d’ici, les moines qu’on a aussi fait venir près de Rohan nous ont laissé un Bourg-ès-Moines en Crédin (56). Voir aussi Bourg-l’Évêque en Ille-et-Vilaine.

Pour le Bourget, voici quelques formes proches choisies - au hasard - parmi beaucoup d’autres : le Bourget à Fay-de-Bretagne (44), le Bourgeix à Ruffiac et St-Gorgon (56), ou Bourgerel à Remungol (56), Plourac’h, Plussulien et Plougonver (22). Et pour le Bourgeon, signalons que le nom est attesté sous cette forme aux registres de baptêmes de Loudéac au moins dès le 10 Novembre 1649 (cf. le Frameux).