Boquého
Tout le monde connaît, au moins de nom, la commune de Boquého (22). L’évolution de son nom étant connu, cela va nous permettre d’une part de comprendre l’origine du nom du lieu-dit loudéacien, d’autre part d’en tirer quelques hypothèses intéressantes sur l’évolution linguistique de cette région. Voyons tout d’abord les formes anciennes attestées du nom de la commune de Boquého :

  • 1198 - capellla de Botgadou
  • 1330- Bocazou
  • 1427 - Bocahou
  • 1486 - Botcazou
  • 1505 & 1596 - Botcazou
  • 1665 - Boquého

Plusieurs choses sont à noter. Tout d’abord la forme Botcazou du XVIème peut être qualifiée de "savante", en ceci qu’elle retarde par rapport à la langue parlée qui a déjà Bocahou comme prouvé en 1427. Ensuite, sachant qu’aussi bien le nom de lieu loudéacien que celui de la commune se prononcent traditionnellement Boquo, on ne sera pas étonné d’apprendre que le village de Bocco en Tréguieux (22) s’écrivait aux XVIème et XVIIIème siècles Boqueho. Aucun doute ne peut subsister sur l’origine commune de ces différents noms quand on sait que les registres paroissiaux de Cadélac ont en 1628 la forme Botqueho. À noter que les noms de familles étant plus "conservateurs" que les noms de lieux, on trouve encore aujourd’hui de nombreux Botcazou, ne serait-ce que dans l’annuaire...

Nous retrouvons le premier élément bot, demeure, asile, courant dans la région (voir à Beau Fleury), suivi du nom de personne Cadou, le même justement que celui du saint éponyme de la paroisse de Cadélac, saint Cado (voir à St-Cado).

Le plus intéressant dans tout cela, c’est qu’un rapide coup d’œil sur les formes passées du nom de la commune de Boquého permet de postuler qu’on a dû parler breton sur le territoire de Cadélac jusqu’au XVème siècle au moins. Sinon en effet on aurait dû en rester à la forme Botcazou ou Bocahou, sans possibilité d’évolution postérieure. Tout ceci renforce d’ailleurs les autres éléments dont nous disposons sur le sujet.

Ajoutons pour mémoire qu’y résidait autrefois une famille Pasco, nom encore très courant à Loudéac. Par exemple, le registre de baptêmes de Cadélac mentionne le 13 Avril 1646 "l’honorable homme maistre Louys Pasco sieur de Boqueho".