les Blainfaux
Ce qui n’était naguère qu’un modeste lieu-dit a d’abord donné son nom à des H.L.M, à une école, puis au nouveau quartier tout entier. Le nom est simple à analyser : composé de deux racines celtiques, il signifie le sommet des hêtres. Tout le problème est de savoir s’il s’agit de breton ou de gaulois ! En effet ces deux termes appartiennent autant à une langue qu’à l’autre, avec la même signification, et se retrouvent en toponymie dans tout l’hexagone.

Le premier terme, blein en breton, signifie donc sommet. Mais la langue parlée ne l’emploie que dans les expressions war lein ou plus simplement e lein : au sommet de, en haut de. Le sens de ce mot, lorsqu’il était d’un usage plus courant, s’était élargi jusqu’à signifier source - qui coule du sommet, puis ruisseau. Le recteur Le Bris nous fournit un précieux renseignement à ce sujet quand il note : "On trouve dans la paroisse plusieurs endroits portant le nom de Blain ; on y voit des sources". La notion de ruisseau est implicite dans le Blin, pont sur sur un cours d'eau à Cournon (56) et au Pont du Blin à Évreux (27) - cet exemple normand plaidant accessoirement en faveur d'une origine gauloise plutôt que bretonne. On relève aussi les Blins à la Prénessaye (22) et Blain dans une zone de prés à Illifaut (22). Quant au second composant, faux, c’est le nom du hêtre en breton, écrit fav ou fao. Mais c’est aussi le terme gallo et vieux-français, du latin fagus, le mot hêtre n’étant apparu que très tard en français (voir à le Faux).

J’écris donc Blainfaux comme on le faisait régulièrement autrefois et non Blinfaux comme on le fait souvent aujourd’hui. La graphie officielle du nom étant encore un peu fluctuante, c’est un cas où une action volontariste de la municipalité pourrait enrayer à temps la propagation de formes moins significatives.

Voir aussi les Champoulains.